Jeudi 30 juillet 2009
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Dites, elle était comment votre journée du 11 novembre à vous?
Parce que la mienne, elle était particulière.
Au point que j'ai décidé de l'immortaliser ici-même.
Alors m'en voulez pas si parfois je rentre dans certains détails dégueu de mon intimité, c'est pour mieux planter le décor et décrire la situation,
d'ac?
J'aime autant vous prévenir, si vous comptez lire cette aventure pour le moins passionnante, prévoyez une bonne demi-heure. Ou quelques pauses.
12h00.
La musique à fond, les fenêtres grandes ouvertes, en pyjama, j'enfourne le gratin de potimarron, je touille la vinaigrette, tout est presque prêt pour
recevoir mes invités. Tout, sauf moi. Et franchement, à 13h00, je sais que je ne serai pas encore lavée, habillée, maquillée ni coiffée. Vu que c'est ferié, et que les jours feriés, j'ai deux de
tension. Comme le dimanche.
Avant de partir à la salle de bains, je fais un tour sur msn pour prévenir mes amies que je suis à la bourre et leur demander de ne pas se presser. On
discute quelques minutes puis j'annonce que je compte enfin aller me préparer. Je file à la salle de bains où je m'aperçois que j'ai oublié de changer la litière de ma Lyia. Je prends donc encore
une dizaine de minutes de retard afin d'établir des chiottes décentes pour ma boule de poils. Une fois la tâche exécutée, je m'apprête à faire une chose tout à fait humaine avant de me décider
enfin à passer sous la douche : pipi.
En pleine action, zen de chez zen, je chantonne et je me rends compte que j'ai oublié mes fringues dans le salon.
C'est à cet instant exactement que je sens une odeur bizarre autour de moi. J'observe tout mais rien ne me paraît suspect. L'odeur devient de plus en
plus insistante. On dirait du plastique crâmé. Je remonte mon froc et je me penche vers la litière toute propre pour vérifier si ça ne vient pas de là, on ne sait jamais avec tout ce qu'ils
foutent dans ces trucs chimiques. Non, toujours rien de suspect. Donc j'examine mon dernier soupçon, le chauffeau au-dessus de ma tête qui (d'après le plombier il y a deux mois) menace de me
péter à la gueule un de ces jours (et j'attends toujours son p****n de devis pour le changer d'ailleurs). Là, je me dis que si c'est ça, je vais prendre ma douche comme convenu, mais après je
préviens mon propriétaire parce que ça me fait flipper un peu quand même. Surtout que l'odeur est de pire en pire.
Striptease de pacotille, je vire mon pantalon et mon haut que je plie soigneusement sur le rebord de ma fenêtre et je m'apprête à mettre un pied dans la
douche. Et j'ai encore oublié d'aller récupérer mes fringues. Tant pis, je passerai en courant en serviette devant les fenêtres pour les choper après le nettoyage de mon body.
Et là, c'est le drame.
Avant même d'ouvrir le robinet, j'entends ma voisine qui sort sur le palier et qui hurle "Oh mon Dieu!", puis qui tape à ma porte comme une
bourrine. Et voilà qu'elle tape à toutes les portes en criant "Sortez, y a le feu, y a le feu !".
Bon alors là, je ne sais pas si je saurai l'expliquer tel que ça se vit, mais y a tout un espèce de sentiment de terreur qui envahit le corps et me fige
sur place. Une seconde. Pas plus.
Je sors de la douche plus vite que la musique, je déplie mon pyjama vu que j'ai que ça sous la main, je l'enfile en trois secondes et je fonce sur la
porte d'entrée. J'ouvre.
Sur le palier, je vois une silhouette s'agiter dans tous les sens au milieu d'une fumée qui envahit tout,
du sol au plafond.
Apparemment, c'est ma voisine qui tente de réveiller le reste de l'immeuble et qui a bien raison. La fumée entre chez moi et je claque la porte pour la
freiner. Je cours dans mon salon et je m'aperçois qu'il est aussi enfumé que le palier et les escaliers.
Je ne peux même pas vous expliquer ce qui me passe par la tête à ce moment-là. On imagine tout, que c'est le four qui a claqué et déclenché ça dans
l'immeuble, qu'une bombe a pété sur le toît, que Paris est en flammes ...
Premier réflexe, trouver Lyia.
Je crie, je cours partout, je la retrouve enfin sous le fauteuil, tétanisée. Je la supplie de ne pas bouger et tant bien que mal, parce que je n'ai
jamais autant tremblé de ma vie entière, je compose le 18. En quelques secondes, on me répond. Je panique tellement que je suis incapable de me rappeller de mon adresse exacte. Le pompier à
l'autre bout du fil me demande de prendre des serviettes, de les mouiller et de les mettre contre les portes et les fenêtres. Pendant qu'il me fait ses recommandations, je cours dans tous les
sens et je finis par regarder dans la cour.
Et là, un tout petit peu soulagée mais pas franchement, je lui dis "C'est bon, j'avais pas vu, mais vous êtes déjà là en fait". Je raccroche
(au nez, oups).
En effet, ma cour est remplie de pompiers avec des tuyaux, des casques, des masques et tout et tout.
"On doit descendre????" que je hurle comme une malade.
C'est à peine si ils m'entendent mais ils me font enfin signe que non.
La fumée se propage de plus en plus, la voisine continue de hurler comme une hystérique et j'entends des va-et-viens bruyants dans les escaliers. Rien
ne me rassure. Franchement rien.
Et dans mon ordi, y a Roch Voisine qui chante, volume au maximum.

Je ne sais pas, dans ces moments-là, ce qui
fait qu'on a telle ou telle priorité, telle réflexion primordiale, je ne sais pas. En tous cas, je crois qu'on agit sans réfléchir. On a juste une trouille énorme.
J'éteins mon four, je tente quelques mots sur msn avec mes amies pour je ne sais pas, peut-être me rassurer. Je dis bien, je tente. Parce que j'écris
debout, à une vitesse inhumaine, et mes mots n'en sont pas. Je veux juste leur dire qu'il y a un incendie et que j'ai peur, mais ma phrase ressemble à tout sauf à ça. Je n'attends aucune réponse,
je cours récupérer Lyia sous le fauteuil. Elle a tellement peur (et ça, il va falloir qu'un comportementaliste pour animaux m'explique comment c'est possible) qu'elle se laisse porter
immédiatement, elle est figée, impossible de la détendre. Je cours dans la salle de bains, j'attrappe sa caisse et j'essaie de la mettre à l'intérieur. Là, elle n'a pas l'air d'accord. Elle se
débat, me griffe, me mord, saute dans tous les sens. Je ne sais pas comment je me débrouille, ni combien de temps ça dure, mais je finis par parvenir à l'enfermer, la caisse à la verticale. J'ai
le nez complètement pris par la fumée, les yeux qui piquent, je n'y vois presque plus rien. Alors que je suis en train de décrocher un torchon pour le mettre devant mon visage, on tambourine à ma
porte. J'ouvre à un pompier qui me pose quelques questions dont je ne me souviens absolument pas.
Il me demande de tenir un masque contre mon visage et de respirer normalement dedans. Un espèce de masque accroché par un tuyau à sa tenue. Et qu'on va
descendre les escaliers calmement.
"On prend mon chat??? Hein, on descend pas sans mon chat??"
"Ne vous inquiétez pas, tenez bien le masque contre votre visage, marchez lentement, moi je prends votre chat".
Voilà ma seule inquiétude à l'instant présent. Avec un peu de recul, je me suis rendue compte que pendant cette panique générale, je n'ai rien eu a
foutre de mon appart, de mes biens personnels, je n'y ai franchement pas pensé. Le seul truc qui m'importait, c'était Lyia. Et je crois que monsieur le pompier l'a bien compris.
Il prend la caisse de la main droite, et moi, accrochée à lui, je traverse la fumée. J'ai quand même eu la présence d'esprit d'attraper la clef en
passant, histoire de ne pas avoir à me taper 300€ de serrurier par la suite. Nous descendons les trois étages, croisant voisins et autres pompiers. Il y a une ambiance incroyable, d'angoisse et
d'interrogations, quelque chose que je n'ai jamais connu auparavant. C'est assez moche, comme ambiance. En passant au rez-de-chaussée, je découvre que le feu vient d'un de ces appartements. La
porte est enfoncée et on n'y voit rien du tout. De gros tuyaux jonchent le sol et je traverse le couloir jusqu'à la sortie, très calmement. Dans la cour, le pompier m'autorise à quitter le
masque, me demande si je respire bien puis de rejoindre le reste des gens devant l'immeuble. Il me rend la caisse de Lyia et je marche, dans les flaques, jusqu'à la porte cochère, pour l'occasion
grande ouverte.
La partie angoisse étant terminée, passons à la comique.
Mon arrivée devant le comité d'accueil.
C'est à dire une dizaine de policiers, pareil de pompiers. Mais surtout, une vingtaine de voisins, ces gens que je croise tous les jours et qui ne
connaissent rien de moi, rien de ma vie et auxquels je m'adresse d'ordinaire uniquement pour dire "bonjour". Ils sont déjà tous là, il ne manquait plus que moi.
Moi qui arrive, pataugeant dans les flaques, en pyjama, puant la transpiration après toutes ces courses.
Pour info, ce sont ces choses roses que j'ai aux pieds en débarquant dans la rue.

En haut, j'ai un t-shirt noir manches trois-quart, recouvert de poils de Lyia. Pas de sous-tif, bien sûr. Plop plop plop.
En bas, j'ai mon pantalon favori, celui qui me va deux fois trop grand, avec des trous sur le devant, pile là où il ne faut pas et un derrière, au
milieu d'une fesse.
Et bien sûr, pas de culotte, sous les trous. Puisqu'avant le drame, j'étais dans la douche.
Mais surtout, vu que la veille je me suis endormie comme une vieille crotte sans me démaquiller, j'ai du noir partout autour des yeux, le retour de
Morticia un 11 novembre en plein Paris. Et les dents cradingues.
Si j'ai un truc positif, c'est que j'ai mâché de la Nicorette toute la matinée, donc je sens les fruits dans ma bouche.
Mais c'est tout, dans le positif.
Alors, quand on arrive avec cette dégaine là devant les habitants d'un immeuble entier, en l'occurrence son propre immeuble, je peux vous dire qu'on
fait pas la maligne.
Là, j'avoue, le feu, je l'ai oublié. La seule chose à laquelle je pense, c'est "Paye ta honte Coco".
Ils sont tous là, alignés, les yeux rivés vers moi.
"Bonjour", que je dis avec un grand sourire, limite rire nerveux parce que j'aimerais me glisser dans une bouche d'égoût et n'en sortir qu'à la
nuit tombée. Ils me répondent tous pareil. J'aperçois A., mon voisin du dessus, avec qui je m'entends bien (et qui est le seul que je connais, en fait), qui me bloque limite mort de rire, en
voyant ma tenue. "Je vais te tapeeeeeer", que je pense dans ma tête.
Ma voisine de palier est là, en robe de chambre, avec sa fille de 3 ans dans les bras.
Ptain la chance, elle a une robe de chambre, elle. J'suis dégoutée.
Bon ben pour le coup, je fais connaissance avec mes voisins, en prenant bien soin de ne pas ouvrir la bouche de plus de 5 mm histoire que mes dents
sales restent en planque, j'écoute tout le monde, je réponds aux questions, j'espére fortement qu'on me dise "Allez-y, vous pouvez remonter".
Mais que nenni, faut pas rêver.
Une bonne honte en pyjama dans ta rue en plein Paname un mardi matin, ferié de surcroit, donc blindé de monde, ça se savoure. Donc ça dure.
Je guette partout, histoire que si une caméra pour le JT débarque, je me barre chez l'épicier en courant.
Je tire sur mon haut pour que les
trous se fassent les plus discrets possibles, je bloque mes bras pour que mes aisselles se la jouent fermées, A. vient me voir, on papote un peu, il m'explique qu'il a descendu la petite fille du
troisième en passant, ma voisine me raconte que c'est déjà arrivé, que ci, que ça, j'assiste à tous les commérages de l'immeuble entier en moins de 45 minutes. Et ça me saoule.
J'ai des invités, moi. Un repas prêt dans ma cuisine, faut que je me lave, j'ai pas que ça à foutre nondidiou.
Je trouve une superbe astuce pour cacher le trou de la fesse, à savoir je m'assieds sur un muret à côté de l'immeuble, avec Lyia à côté de
moi.
Bon, ben le trou on le voit plus.
Par contre on voit une clocharde à pantoufles roses. La grande classe.
Il ne me manque plus que le gobelet et la pancarte, et je suis parfaite. A. se marre. "Tu vas te prendre une mandale, tu l'auras pas volée",
que j'ai envie de lui dire. Arghhh.
Et là, c'est le pompon. Deux flics, dont un beau comme l'homme idéal, qui se pointent pour nous poser des questions. Et le beau qui me regarde avec
insistance. Je ne sais pas ce qu'il pense à cet instant-là, mais à mon avis, c'est pas "Oh le canon !".
C'en est trop, je veux remonter chez moi. Ca tombe bien, le pompier au masque revient me chercher. Il n'a pas oublié mes priorités, il embarque ma Lyia,
toujours tétanisée et sage comme une image.
Un autre arrive et demande à A. si il veut remonter "sa fille" (qui est donc celle de ma voisine et c'est tout), puis encore un autre qui s'adresse à A.
et moi en nous demandant si on est ensemble dans mon appartement. Bref, mon pompier à moi, il observe ça en se retournant la cervelle, parce que si il doit se mettre à croire ce que disent ses
collègues, il doit avoir l'impression que cet immeuble est un lieu de partouze générale. Et moi je me marre comme une débile. Parce que si, c'est drôle.
On remonte, ça sent le cramé partout, j'ai les pieds trempés et je manque de me péter la tronche trois ou quatre fois (surtout que j'ai le flic canon
derrière moi, et également le trou dans mon pantalon, ne l'oublions pas, donc je suis pas super sereine).
Arrivés à l'appart, j'accueille sans le vouloir deux pompiers et le policier. Et comme c'était trop beau pour être vrai, la honte ne s'achève pas
ici.
D'abord, y a toujours Roch Voisine qui beugle comme un animal dans mon ordi donc je me jette sur la machine pour déclencher un petit bout de Massive Attack, mais le stress aidant, je n'y parviens
pas. Et ça ne s'arrête pas là.
En une minute, je me retrouve allongée sur le sol de mon appart, sur le ventre, à mettre à exécution les
consignes de sécurité en cas d'incendie qu'un des pompiers est en train de m'apprendre. C'est très bizarre, comme expérience.
De se retrouver à plat ventre au milieu de son salon, en pyjama, devant trois hommes en uniformes. J'ai pas adoré, franchement.
Puis, il m'explique autre chose avec un torchon. Alors forcément, il prend celui qui recouvre un plat dans ma cuisine. Et là, il découvre la tarte aux
poires que j'ai cuisinée pour le repas avec mes invités. Il se perd quelques secondes devant la chose, en la sentant et en éructant un "Miaaam", puis se ressaisit en finissant de
m'expliquer la consigne de sécurité.
Il est 13h30, et je ne suis toujours pas lavée.
Barrez-vous bordel de merde.
Limite, ils m'ont entendue. Ils me demandent de ne pas fermer ma porte d'entrée pour le moment, pour faire partir la fumée. Arghhhhh. Et quand est-ce
que je peux me laver, moi??
Ils inscrivent des trucs bizarres à la craie sur ma porte d'entrée en me demandant de ne pas l'effacer, me souhaitent une bonne journée, et s'en vont.
Le flic au regard insistant se retourne une dernière fois en descendant les escaliers, et me sourit en me saluant.
Et là, je me dis "Lui, il a de la merde dans les yeux. M'enfin, ils sont pas mal ses yeux. Héhé".
Je vous passe les détails de la demi-heure suivante, mais imaginez juste que mon appartement s'est transformé en moulin. Ca rentre, ça sort, tout le
monde vient regarder dans la cour de mes fenêtres (pourquoi les miennes???), Lyia prise en flagrant délit de commérage à la fenêtre, ma voisine qui insulte la femme de son cousin restée dans la
cour, sa fille qui me scotche pour que je lui lise "Dora en exploration dans je sais plus quel pays" et moi je veux juste que tout le monde rentre chez soi et qu'on me foute la paix
!!
Bon, pour le coup, ça y est, mes voisins, je les connais.
Et j'ai pas hâte de les recroiser, si vous saviez.

13h50.
Je peux enfin fermer ma porte et me glisser sous une douche bien chaude et calmante.
Avant de me laver le visage, comme chaque jour, j'ôte mon piercing.
Attention, là c'est gore.
La partie de la tige qui est normalement à l'intérieur de mon nez est noire.
Noire comme du charbon. Bouark.
Je reste écoeurée devant ce truc et je me dis que mon nez doit être dans un état carrément dégueu.
Effectivement. Je me mouche, une fois, deux fois, trois fois. Puis j'y vais carrément au coton-tige, tellement j'ai le nez plein de suie.
Hallucinant.
Et même ce soir, j'en ai encore. Sans rire, ça m'a un peu impressionné tout ça. Et pas rassurée.
Du coup, j'ai aussi lavé les narines de Lyia. C'était tout pareil, mais en plus petit.
Re bouark.
14h30.
Mes invités sont là, on peut enfin commencer la journée telle que prévue, mais avec deux heures de retard.
Et moi je suis vannée comme si j'avais fait une exploration avec Dora.
Voilà, mon aventure pour ce 11 novembre 2008.
Je vous cache pas que la première demi-heure a été très difficile, très intense, je n'avais encore jamais connu une telle situation. C'est une angoisse
que je n'ai pas franchement envie de revivre de si tôt.
Fallait que je le raconte, c'était un petit peu trop énorme comme journée qui s'annonçait pourtant très penarde.
Pour info : y a pas eu de blessé.
Pour re-info, les consignes de mon pompier :
* Quand un incendie se déclare, il faut :
- fermer les fenêtres.
- mouiller des serviettes de bain et les poser sur tous les bas de portes.
- se mettre sur le sol à plat ventre, le nez contre le sol, et respirer normalement. (j'avoue que c'est vrai, on ne sent plus trop la
fumée)
- mouiller un tissu et le tenir contre son visage si la fumée est insupportable.
- ne surtout pas essayer de sortir de chez soi tant que les pompiers ne sont pas intervenus.
Voilà, vous le saviez certainement, mais moi non. Donc je me permets d'en faire part, au cas où.
Ouh ben je suis fatiguée tiens, je vais me coucher !
J'espère que la lecture n'a pas été trop longue, si tant est que vous soyez allés au bout.
Encore, je vous ai épargné bon nombre de détails :)
Bonne nuit !
Billet extrait de l'ancien blog.
Par Mademoiselle Coco
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Publié dans : Tranche de vie.
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