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Vendredi 21 août 2009 5 21 /08 /2009 21:26
07h00.
Je suis prête, lavée, brushée, épilée, maquillée, habillée, parfumée. J'ai ressorti le sac à dos des années lycée et y ai mis tout ce dont j'aurais besoin pour deux jours. Ca m'a excité de faire un sac pour deux jours. Bien plus que la valise pour partir une semaine chez ma mère. J'ai enfin trouvé l'occasion d'utiliser quelques uns des échantillons de gel douche/crème hydratante/dentifrice/ parfum que je récupère dans tous les magasins en espérant qu'ils servent un jour. Là, c'est tout trouvé. Et ça, ça m'excite. En plus je vais montrer à mon bonhomme qu'en ayant besoin de plus de produits que lui, mon sac est finalement plus léger que le sien. Bref, que la fille est bien plus maligne qu'il le croit. Et ça, ça me plait.

07h10.
Le bonhomme qui a bien insisté sur le fait qu'on partait à 7h00 tapantes et que si je n'étais pas prête il viendrait me chercher par la peau des fesses chez moi, n'est toujours pas là. Donc j'attends sur le trottoir, avec mon sac à dos, comme une sans amis. Je reçois un sms  qui dit "Je suis là à 07h15, sans faute, sois prête!". Hmpfgrrrargh.

07h23.
Le bonhomme le plus ponctuel de tous les temps fait son arrivée sur l'avenue et me récupère enfin dans ma clochardisation matinale. Je lui pardonne, parce qu'il a quand même bossé jusqu'à minuit et que j'aurais peut-être pas fait mieux dans son cas. Et puis, parce qu'on va quand même passer 6h côte à côte dans une voiture, c'est pas le moment de faire un caca nerveux.

07h40.
On change de département. Je suis déjà surexcitée. Impossible à canaliser.
"Rho, mais l'Oise déjà pour moi c'est le bout du monde ! J'arrive pas à réaliser que je vais dans un autre pays, c'est un truc de fou, tu te rends pas compte !"
Le bonhomme, qui sort de France environ 10 fois par an depuis sa naissance a du mal à imaginer ce qui se passe à l'intérieur de moi.

09h00.
On est je ne sais où dans le nord de la France. De ma vie, je ne suis jamais allée aussi haut dans mon pays.
" Ben tu sais, on doit pas être loin de chez Vir là.
- Elle habite où Vir?
- A une cinquantaine de kilomètres de Caen.

Le bonhomme s'esclaffe.
- On est vers Lille, là. Caen c'est ...  comment te dire ... pas du tout ici. C'est beaucoup plus bas, à l'ouest.
- Mais non, Caen, c'est dans le nord !
- Non, Lille, c'est dans le nord.

Je sors ma petite carte de France, et je constate avec effroi qu'effectivement, Caen n'est pas du tout là où je l'ai placé dans ma tête pendant 26 ans.
- Oui mais bon tu vois, moi je suis pas d'accord, tout ce qui est au-dessus de Clermont-Ferrand, c'est dans le nord, pour moi.
- T'es vraiment une sudiste toi
!"
Oui, c'est vrai, je suis une sudiste et en plus, je suis vraiment très très nulle en géo. Arf.



11h00.
"Faut que je fasse pipi, je te jure, faut qu'on s'arrête."
Alors on s'arrête.
En BELGIQUE.
Je pose le pied sur le sol de l'air d'autoroute comme Amstrong a posé le sien sur la lune. Du genre, c'est le plus grand jour de ma vie. Je suis sur une autre planète, dans un autre monde. Ca pue la bouse de vache, y a des guêpes partout, j'ai la vessie qui va exploser, mais je suis aux anges. Je suis dans un autre pays, bordel ! On m'aurait donné 10000€ que j'aurais pas été aussi heureuse.

13h00.
On est aux Pays Bas. Je demande pourquoi ce pays est bas alors qu'il est plus haut que la France. Et là je sens que le bonhomme, en plus du manque de sommeil et de la concentration sur la route, est arrivé à un stade d'épuisement auquel j'ai légèrement participé. Il m'explique quand même, me parle de niveau de la mer, je ne comprends rien mais j'acquièce, histoire de pas en rajouter.
Je me pique des fous rire toute seule à cause de la radio. Cette langue ... Mon dieu, je n'y comprends tellement rien, je n'ai jamais entendu cette langue, ou du moins je n'y ai jamais prêté attention. C'est terrible, y a pas un mot que je capte. Même quand le type dit "The Beatles", mes neurones ne percutent pas. C'est délirant, j'adore.

On continue la route sur "Let it be" en hurlant comme des dingues. Je m'extasie devant les éoliennes, les moulins, les bâtiments ... On a chaud, on a tellement hâte d'être arrivés ...



13h30.
Je pose les pieds sur le sol d'Amsterdam ! Alors là, c'est pire qu'en Belgique, c'est juste l'extase totale. Le bonhomme doit se demander si il fait une virée en amoureux ou animateur de colo pour une seule personne.
On laisse la voiture à l'entrée de la ville, on enfile les sacs à dos et on part prendre le tram qui doit nous rapprocher de notre hôtel. Il fait une chaleur à crever, vite, une douche, un ventilateur, du nudisme, au pire.
Je sais pas si je vous ai déjà dit. Autant j'aime la langue française, autant j'ai beaucoup de mal avec les autres. Mais quand je dis "beaucoup", je n'exagère pas du tout. Je connais les bases de l'anglais et de l'allemand, je me débrouille une fois que j'ai destressé, mais avec un accent à coucher dehors. Et à faire pleurer de rire tous les gens qui m'entourent.
Là, le bonhomme m'explique que dans cette ville, ils sont tous bilingues, il va falloir parler anglais tout le temps. J'angoisse. Je décide que je ne parlerai qu'à lui durant deux jours, et en français, évidemment.
Ca commence bien. On entre dans le tram, la caissière est dans son petit kiosque en face de nous. Je la regarde comme le diable, je fais un pas en arrière. Si on y va pas de suite, elle va croire qu'on veut frauder. Donc le bonhomme se décide à avancer pour demander "two tickets please", chose que j'aurais été infoutue de faire.  Le problème, c'est que c'est moi qui ai le porte-monnaie à la main, et cette diablesse s'adresse à moi pour annoncer le tarif. Je fais genre d'avoir capté tout ce qu'elle a dit, je lui tends 5€, et elle reste là à me regarder. Mais qu'est-ce que tu veux gredine de blondasse? Donne les tickets qu'on puisse partir ! "Five euros and twenty cents". Je regarde le bonhomme d'un air "elle me cherche la merde ou quoi?". Il sort 20 centimes du porte-monnaie, les lui file, elle nous donne nos tickets, on valide et on va s'asseoir. A cet instant, je me rends compte que je suis désespérément nulle à chier en anglais, c'est une catastrophe. Mais tout ce que je trouve à dire, c'est "Et ben putain, ils s'emmerdent pas, c'est le double du tarif de tram à Montpellier !".



14h00.
On arrive à la gare centrale d'Amsterdam, où il va falloir faire le changement de tram. Je suis subjuguée par ce que je vois. Je n'ai jamais vu autant de vélos. On m'avait bien dit qu'à Amsterdam, le vélo était roi, mais je n'aurais jamais pensé que c'était à ce point.
Au loin, du doigt, le bonhomme me montre un immense tableau de ferraille qui brille au soleil.
"C'est le plus grand parking à vélos d'Amsterdam". Je suis estomaquée. C'est hallucinant, un truc pareil. Il y a d'autres parkings plus petits un peu partout autour de nous et d'autres vélos, roulants, eux, qui déboulent dans tous les sens.
"Alors il faut que tu saches un truc. A Amsterdam, les vélos et le tram sont prioritaires sur les voitures et les piétons. Il faut regarder à droite et à gauche en permanence, vérifier que tu n'es pas sur une piste cyclable, sur un rail de tram, parce qu'ils s'en foutent de toi, ils passent quand même".
Il me dit ça sur un air grave, ça me fait bien rire. Je vais pas me laisser impressionner par un vélo, quand même !

14h30.
On voit l'enseigne de l'hôtel clignoter en face de nous, dans une rue mignonne comme tout, dont on est incapable de prononcer le nom. L'entrée à l'air clean, y a un visiophone, ça devrait être pas mal, vu de là. On sonne, on nous ouvre et là ... je découvre les fameux escaliers d'Amsterdam.
Oui, les fameux. Ceux que je ne conseillerais pas à des gens qui chaussent plus que du 38, ceux qui font 4 centimètres de largeur et dont on ne voit pas le sommet.
Et là, c'est "propre" à l'hôtel, on ne peut pas dire que les escaliers soient franchement bien tenus. Soit ils ont un problème avec le ménage, soit 300 personnes aux chaussures dégueulasses sont passées avant nous dans la journée. Ca commence bien cette histoire ...

Arrivés en haut, un type à l'accent terrible, avec des "r" roulés pire que les vieux nés en 1910, nous accueille dans une pièce dont la porte annonce "Reception". Là, avec mon bonhomme, on fait un tour d'horizon et on se regarde, à la limite d'exploser de rire. D'un côté de la pièce (genre une pièce de 12m²), il y a un frigo, un micro-ondes, des plateaux, de la vaisselle, une cafetière ... de l'autre, un bordel sans nom, avec de la paperasse partout, les clefs des chambres posées n'importe où, des fils, des prises, un bordel quoi.
Et au milieu, une petite table, avec un fauteuil usé et une chaise pareille. Il nous propose de nous asseoir en attendant que notre chambre soit prête, parce que visiblement, (après traduction de ma moitié) il n'a pas compris qu'on voulait une chambre avec lit double. Donc on attend, en se retenant de pisser de rire. On a chaud, c'est un enfer, on veut boire, prendre une douche et aller profiter de cette belle ville dont je n'ai encore pas vu grand chose.

La chambre enfin prête, le type bizarre nous conduit au deuxième étage et nous montre en passant sur un palier, "nos wc". Bon, ça on le savait, on l'avait vu sur le site internet.  J'avais insisté auprès de mon bonhomme en disant que pour une seule nuit, ça ne me gênait pas. Mais la suite, elle, on la savait pas ...

Déjà, l'enfer pour ouvrir la porte, avec le bois gonflé, on a cru qu'on allait dégommer tout le mur de l'étage en tirant. Une fois ouverte, le spectacle était grandiose.
Une chambre d'environ 6 ou 7 m².
Avec la douche face au lit.
Une fenêtre à vitraux.

Le rêve.



"Is it good for you?"
Là, on est au bord d'exploser de rire, mais du pur rire nerveux.
On répond que c'est ok, on est là que pour une nuit, que pour une nuit, que pour une nuit ...

La porte refermée, on éclate enfin de rire.
La douche s'ouvre, pas de soucis. Mais elle est bloquée par le lit. Donc j'aime autant vous dire, que si j'avais été dans cet hôtel il y a deux ans, avec mes 27 kilos de plus, je restais crade pendant deux jours. Là, on passe de justesse. Ouf, on va pouvoir se laver, se mettre de l'eau froide sur le corps (parce qu'on est déjà en train d'imaginer qu'il n'y a pas d'eau chaude), c'est déjà ça.
On se rend compte que le ventilateur est au plafond, avec une ficelle à tirer pour l'activer. Donc on fait quoi? On tire !
Et devinez quoi?
Ben ça marche pas !
Il nous a fallu un bon quart d'heure pour découvrir que le ventilateur ne fonctionnait que si la lumière était allumée.
Putain, ça va être trop pratique pour dormir cette nuit, on va kiffer à donf.
On décide qu'on va laisser la fenêtre ouverte toute l'après-midi et la soirée, histoire d'avoir un peu d'air pour la nuit.
Et ben même pour ouvrir la fenêtre, c'est l'aventure. Il nous a fallu virer une chaise impossible à caser sous le lit puisque bloqué par on ne sait même pas quoi et qui a fini contre la porte pour pouvoir ouvrir la vitre.
Là, on en est sûrs, on est tombés dans l'hôtel le plus formidable de la ville.
On se passe un peu d'eau sur le visage, vite, on détale d'ici !

Et là, on découvre dans le couloir ce qu'on avait pas vus en arrivant : des sacs de ciment entassés partout sur le côté, des planches de bois, des sacs poubelle. La grande classe.
C'est officiel, on aurait pas pu trouver pire.




15h00.
On est dehors, on oublie tout ça, jusqu'au dodo.
Amsterdam, nous voilà!

La balade et les joies de la découverte de la ville dans le billet de demain ;)

PS : l'hôtel, c'est le JANSON, si jamais vous le croisez sur le net, à vous de voir si vous voulez y réserver une chambre ...





Par Mademoiselle Coco - Publié dans : Un petit tour ailleurs.
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Commentaires

J'adoooooooore ta façon de raconter et ta candeur face à la découverte d'un autre pays !! Vivement la suite et plein de douces pensées pour toi. Des bises !!
Commentaire n°1 posté par Karine le 22/08/2009 à 11h25
J'espère que tu vas bien Karine !
Merci pour ton p'tit message, en effet, j'étais comme une enfant pendant ce mini périple, c'était d'autant plus génial ;)
Réponse de Mademoiselle Coco le 25/08/2009 à 21h16
La suite! La suite! Lol. Dis-moi tu t'es levée à quelle heure pour être aussi prête à 7h? En te lisant, c'est comme si j'étais avec toi...enfin, avec vous! Ca donne envie de découvrir de nouveaux horizons en tous cas...Tu nous fais voyager par les mots. C'est noté pour l'hôtel...merci!
Commentaire n°2 posté par Majestation le 24/08/2009 à 12h15
oh la vache. tu m'as bien fait rire! mon dieu que ça fait du bien! et surtout lorsque tu parles de mon chez moi qui se situe à coté de lille looooool
Commentaire n°3 posté par virginie le 10/09/2009 à 12h50
TE MOQUE PAS
Réponse de Mademoiselle Coco le 10/09/2009 à 13h04

Toujours d'actualité !

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