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Vendredi 6 novembre 2009 5 06 /11 /2009 11:16




On en était restés .
Mais faut pas croire qu'entre ça et aujourd'hui, il ne s'est rien passé.
Non, faut pas croire.
Une vie de chômeuse, c'est passionnant et productif à un point inimaginable.

Il y a d'abord eu trois semaines de j'envoie le document manquant au Pôle Emploi, il me le renvoie avec le dossier en me disant que ce n'est pas un original, je renvoie le document ainsi que tout le reste et une lettre expliquant que je ne peux pas faire plus original que l'original, puis le retour du courrier de Pôle Emploi qui s'obstine à dire que c'est une copie, moi qui commence à devenir hystérique, qui dépense 2,22€ à chaque envoi. Au final, mon ex-employeur a refait une attestation. La même. Mais en signant en bleu, comme en primaire, quand on a pas encore le droit d'utiliser le stylo noir.
Et là, c'est passé. Je crois que c'est aussi là que j'ai décidé d'arrêter d'essayer de comprendre ...

Après, il a fallu attendre le courrier qui t'annonce une bonne ou une mauvaise nouvelle.
Celui qui dit combien d'indemnités tu toucheras par jour de chômage.
Non pas que tu attendes avec impatience de rien faire de ta vie et de vivre aux frais de l'Etat, mais surtout que tu espères toucher assez pour pouvoir payer ton loyer, ton électricité et accessoirement quelques courses pour manger pendant que tu cherches un nouvel emploi.
Le courrier arrive, soulagement, il va falloir se serrer encore plus la ceinture si tant est que ce soit possible, mais franchement, c'est mieux que rien. Surtout qu'ils m'ont mis un mois en carence, donc pour septembre, j'ai eu ... tadam ... zéro euro !
Quand on est chômeuse, vaut mieux être optimiste et relativiser en toute circonstance, sinon tu deviens chômeuse dépressive, et là c'est un peu le début de la fin quoi.

Le quotidien est fait de recherches, candidatures et autres coups de téléphone qui ne donnent pas du tout l'impression de revenir au ground zéro de ta vie, quand tu sortais de l'école et qu'il fallait chercher ton premier vrai emploi. Autant dire que toutes les années à travailler, devenir une grande fille pleine de compétences, s'effacent en moins de deux. On redevient une sans emploi, et puis c'est tout. Bien sûr, y a du bagage, mais on peut pas dire que ça excite le futur employeur potentiel, par les temps qui courent.

Puis, vient le temps du premier atelier.
Un courrier qui arrive dans ta boite aux lettres, dix jours avant le rendez-vous donné dans la lettre. On t'y dit de prévoir ta matinée, que c'est pour parler des "droits et devoirs" que tu as en tant que demandeur d'emploi.
Il faut y être à 9 heures.
NEUF heures.
Ce qui veut dire un réveil à 7 heures.
Oui, je sais, j'en fais hurler certaines qui se lèvent à cette heure-ci chaque jour de l'année, ou même plus tôt.
Mais il faut savoir que la chômeuse, qui en plus s'est lancée dans une opération pour les SDF et donc tricote jusqu'aux prémices du sommeil, a pris l'habitude de s'endormir entre 3 et 4 heures du matin.

Donc 9 heures, quoi. Je peux le faire. Si, je peux.
En plus dans mon courrier, y a une bonne nouvelle.
Cette fois, j'ai rendez-vous à une seule pauvre petite station de RER de chez moi. Plus à une heure par RER et bus qui me coûtent un  bras pour l'aller-retour.
Pour moi, ça, c'est de la super nouvelle.

Dans le courrier, on te demande aussi d'amener un CV.
Ca tombe mal, j'en ai pas sur moi. Mais point de soucis, j'en imprimerai un à la maison. Il me reste un peu d'encre, elle servira à ça.
En bonne procrastrinatrice que je suis, j'essaie d'imprimer mon CV la veille du rendez-vous, à 23h30.
Et là, je découvre que non, je n'ai plus d'encre.
Huhu.

A 5 heures du matin, jour du rendez-vous,  un amour de bonhomme qui est le mien est donc venu déposer un CV imprimé chez lui avant d'aller travailler. Ouuuuuuf, ouuuuuf, ouuuuf.
J'ai un CV, j'ai réussi à me lever à 7 heures, tout va bien.

Bon, même si ce n'est qu'à dix minutes de chez moi, tu penses bien que j'ai trouvé le moyen de me paumer. Un gentil monsieur finit par m'indiquer le chemin, et j'arrive trente minutes en avance.
Avant, ça ne me gênait pas d'attendre. Je m'en fichais, parce que je fumais, je fumais et je refumais. Du coup, je n'avais pas l'impression d'attendre.
Aujourd'hui, sans clope, j'ai développé une forme d'impatience qui ne laisse pas mes nerfs au repos. Alors j'ai tenté d'oublier en observant les gens. En les comptant, même.
A 8h45, nous étions 11 personnes à attendre devant la grille du Pôle Emploi.
A 9 heures, lors de l'ouverture, nous étions 20 à entrer.
A 9h05, nous étions 13 à attendre pour l'atelier, et 14 personnes faisaient la queue au guichet pour je ne sais quoi.
27 chômeurs en vingt minutes dans une petite agence du 77.
Il fait bon vivre en France, on dirait.

Puis vient l'heure de l'atelier. J'ai la trouille qu'on nous demande de parler, de sortir le CV que j'ai grossièrement froissé dans mon sac, de nous présenter ... Parce que pour moi, un atelier, c'est une chose à laquelle tu participes "activement".
Mais pas pour le Pôle Emploi.
Cet atelier était fascinant.
Non mais vraiment, incroyablement passionnant. J'ai envie de dire, j'en veux encore.

Pendant une heure trente, trois femmes nous ont lu les phrases écrites sur des feuilles qu'elles nous projetaient sur le mur.
Des phrases qu'on pouvait lire tous seuls.

Et voilà.
C'était l'atelier.

Ah si, quand même, elles ont précisé que si on n'allait pas aux rendez-vous, on aurait un avertissement, puis on serait radiés.
Notre premier rendez-vous avec notre conseiller personnel viendrait en décembre.
Sur les fiches qu'elles ont lu, il y avait deux trois choses pas inintéressantes, comme le fait qu'il y ait une permanence sans rendez-vous une demi-journée par semaine, ou qu'il fallait prévenir si on s'absentait plus de 7 jours.

Elles étaient sympas, souriantes, m'enfin, de là à être trois pour nous dire ça ...
On se demande si les emplois fictifs reprochés à Chichi sont pas cachés au fin fond du Pôle emploi finalement.

La notion de demi-journée du Pôle Emploi n'étant visiblement la même que la mienne, à 10h30, nous étions libérés. Sur chaque visage, on pouvait lire que personne, oh non personne n'avait regretté de s'être levé à 7 heures du mat' pour une séance de lecture si géniale. A aucun moment on ne nous a demandé de sortir notre CV. Evidemment, ça, je vais me garder de le raconter à mon bonhomme.

A mon retour chez moi, j'avais une petite surprise sur ma boite mail.
La PREMIERE offre d'emploi qui d'après le Pôle Emploi, me correspondait. Euphorique, j'ai cliqué sur le lien et ai découvert l'intitulé de l'offre.

Un casting de femme cheveux longs ou mi-longs pour une série TV sur Paris.

Va falloir que je leur explique, une fois pour toutes, je crois, que je suis coordinatrice de production.
Ca me fait flipper de penser qu'ils sont capables d'envoyer une offre de vétérinaire à un boucher.



Par Mademoiselle Coco - Publié dans : Bon sang que ça m'énerve ! - Communauté : Apporte ta pierre à l'édifice
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